Grandir dans la TCC : le parcours d’une travailleuse sociale vers la psychothérapie structurée

Je m’appelle Jasdeep Nijjar et je suis travailleuse sociale autorisée et thérapeute cognitivo-comportementale certifiée exerçant en Ontario. Je fournis actuellement des services de TCC dans le cadre du programme Ontario Structured Psychotherapy (OSP) et je suis membre active d’un comité de l’Association canadienne des thérapies cognitives et comportementales (ACTCC). Mon parcours vers la psychothérapie structurée s’est construit au fil d’années de travail social de première ligne et d’un engagement croissant envers les soins fondés sur des données probantes.

J’ai commencé ma carrière en travail social en 2011 en travaillant en première ligne dans des refuges, des logements communautaires, des programmes résidentiels et des équipes d’intervention de proximité. J’y ai soutenu des personnes vivant avec des problèmes de santé mentale graves et persistants, notamment la schizophrénie, la consommation de substances, les traumatismes et l’itinérance chronique. Mes journées étaient consacrées à l’intervention de crise, à la planification de la sécurité, à la défense des droits et à la navigation dans des systèmes complexes.

Le travail social a façonné ma compréhension de la santé mentale. Il m’a appris à regarder au-delà des symptômes pour considérer le contexte, notamment la culture, les traumatismes, la pauvreté, la migration et la stigmatisation. Il m’a aussi appris à rester ancrée en situation de crise et à offrir un espace d’écoute sans jugement. Toutefois, avec le temps, à mesure que certains clients se stabilisaient, j’ai commencé à ressentir une tension intérieure. Plusieurs personnes étaient désormais en sécurité, logées et connectées aux services, mais demeuraient prises dans des schémas cognitifs et comportementaux douloureux.

Je pouvais offrir de la validation et du soutien, mais je souhaitais disposer d’une approche plus structurée pour aider les clients à dépasser la simple prise de conscience et à progresser vers un changement mesurable. Je cherchais un cadre permettant de comprendre comment les pensées, les émotions, les comportements et la physiologie interagissent, et comment intervenir de façon intentionnelle.

J’ai donc entrepris une formation formelle dans le cadre du programme OSP, affilié à l’Université de Toronto. La formation reçue dans OSP a été transformatrice. Elle était rigoureuse, structurée et solidement ancrée dans le respect des modèles de TCC fondés sur des données probantes. J’y ai appris non seulement des interventions, mais aussi la conceptualisation de cas, notamment comment cartographier les cycles de maintien, identifier les croyances centrales et concevoir des expériences comportementales visant à tester les hypothèses plutôt qu’à simplement en discuter.

OSP a renforcé ma rigueur clinique. Le programme mettait l’accent sur l’évaluation structurée, les soins guidés par des mesures et une planification claire du traitement. Je suis devenue plus intentionnelle dans mes séances et plus confiante dans ma capacité à accompagner les clients vers un changement collaboratif et fondé sur des données probantes. Plutôt que de remplacer mon identité de travailleuse sociale, la TCC l’a raffinée. Mon expérience de première ligne m’aide à comprendre la complexité systémique et relationnelle, tandis que la TCC m’offre un cadre structuré pour traduire cette compréhension en interventions ciblées.

À mesure que ma pratique s’approfondissait, j’ai cherché à m’intégrer à une communauté professionnelle plus large fondée sur les standards de la TCC. C’est ainsi que je me suis tournée vers l’ACTCC. Au départ, l’organisation m’attirait comme moyen de m’assurer que ma formation correspondait aux repères nationaux. Avec le temps, l’adhésion est devenue bien plus que cela.

Grâce à l’ACTCC, j’ai eu accès à des occasions de formation continue, à des possibilités de consultation et à un réseau de cliniciens engagés à faire progresser la TCC au Canada. Mon implication au sein d’un comité a renforcé davantage mon sentiment d’appartenance à la profession. Il est très significatif pour moi de contribuer à une organisation qui favorise le partage des connaissances, soutient des normes de compétence et appuie le développement de la psychothérapie structurée dans différentes disciplines.

La certification de l’ACTCC s’est imposée comme une progression naturelle. Pour moi, la certification représente une responsabilité envers les clients, envers l’intégrité du modèle de TCC et envers l’évolution des normes de pratique en psychothérapie au Canada. Alors que de plus en plus de travailleurs sociaux intègrent des rôles de psychothérapie structurée, il devient d’autant plus important de maintenir des parcours de formation solides et des standards professionnels élevés.

Alors que nous soulignons le Mois national du travail social, je me rappelle que notre profession continue d’évoluer. Les travailleurs sociaux sont des intervenants de crise, des défenseurs des droits, des navigateurs de systèmes et, de plus en plus, des psychothérapeutes structurés offrant des soins fondés sur des données probantes dans les systèmes publics et privés.

Si vous êtes travailleur social et que vous envisagez une formation en TCC structurée, je vous encourage à explorer des programmes formels comme OSP et à entrer en contact avec l’ACTCC. Une formation structurée affine le raisonnement clinique, renforce la confiance et permet de s’assurer que les soins offerts sont à la fois empreints de compassion et solidement ancrés dans les données scientifiques. La certification n’est pas simplement un titre professionnel. C’est un engagement envers l’excellence dans la pratique. Vous trouverez plus d’information ici : https://www.actcc.ca/processus-de-certification

Pour moi, poursuivre une formation en TCC et m’impliquer au sein de l’ACTCC représente une évolution de mon identité de travailleuse sociale. Cela a approfondi ma responsabilité envers les personnes qui me confient leur histoire et renforcé ma confiance dans ma capacité à offrir des soins réfléchis, collaboratifs et fondés sur des données probantes.

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