La rentrée scolaire et le retour à la routine Soutenir la santé mentale des jeunes pendant les périodes de transition

Pour beaucoup de gens, le mois de septembre donne un peu l’impression d’un nouveau départ. Pour les enfants et les adolescents, il signifie le retour à l’école, les retrouvailles avec les amis, l’adaptation à de nouveaux enseignants et à de nouveaux horaires, ainsi que le retour à une certaine routine. Pour les familles, cette période peut représenter un retour bienvenu à une structure plus prévisible, mais elle peut aussi s’accompagner d’un stress accru.

Les transitions, même lorsqu’elles sont positives, peuvent être difficiles. Une nouvelle année scolaire peut s’accompagner de pressions scolaires, de changements dans les relations d’amitié, d’incertitude face à ce qui s’en vient et d’attentes plus élevées. Pour certains jeunes, ces défis sont gérables et temporaires. Pour d’autres, ils peuvent contribuer à l’apparition ou à l’aggravation de l’anxiété, d’une humeur dépressive, de comportements d’évitement, de difficultés de sommeil ou de problèmes liés à la fréquentation scolaire et au fonctionnement quotidien.

Dans un contexte où les préoccupations entourant la santé mentale des jeunes demeurent importantes, le mois de septembre offre une occasion de réfléchir à la façon dont nous pouvons le mieux soutenir les jeunes, non seulement lorsqu’ils vivent des difficultés, mais aussi en les aidant à développer des habiletés qui leur permettront de faire face aux défis tout au long de leur vie.

Que peut offrir la TCC aux jeunes?

L’une des forces de la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) est qu’elle offre aux jeunes des moyens concrets de comprendre les expériences difficiles et d’y faire face. La TCC peut les aider à reconnaître les liens entre leurs pensées, leurs émotions et leurs comportements, à mieux prendre conscience des schémas qui peuvent contribuer à maintenir leurs difficultés et à apprendre de nouvelles façons d’aborder les défis. Ces habiletés peuvent favoriser un développement émotionnel sain et le bien-être.

Il est important de souligner que l’objectif n’est pas de faire en sorte que les jeunes ne ressentent jamais d’anxiété, de tristesse, d’incertitude ou d’inconfort. Ces émotions font partie de la vie, particulièrement pendant les périodes de changement. La TCC peut plutôt aider les jeunes à comprendre que les émotions difficiles peuvent être comprises, tolérées et gérées, afin qu’ils développent davantage de confiance en leur capacité à y faire face.

Chez un jeune qui vit de l’anxiété, par exemple, l’évitement peut procurer un soulagement immédiat tout en contribuant à renforcer l’anxiété à plus long terme. La TCC peut aider les jeunes à s’exposer progressivement aux situations qu’ils craignent et à découvrir qu’ils sont davantage capables d’y faire face qu’ils ne le pensaient. D’autres stratégies issues de la TCC peuvent les aider à renforcer leurs habiletés de résolution de problèmes, à développer des façons de penser plus flexibles, à établir des routines aidantes et à reconnaître les comportements qui favorisent leur bien-être.

Il ne s’agit donc pas simplement de stratégies visant à réduire les symptômes. Ce sont des habiletés qui peuvent favoriser la confiance, le développement personnel et la résilience lorsque les jeunes sont confrontés à de nouveaux défis.

Soutenir les jeunes plutôt que d’éliminer l’inconfort

Comme parents, éducateurs et cliniciens, il est compréhensible de vouloir faciliter les choses lorsqu’un jeune éprouve des difficultés. Toutefois, le soutien le plus aidant ne consiste pas toujours à éliminer la source de l’inconfort, mais plutôt à aider le jeune à trouver une façon de la traverser.

Cela peut vouloir dire écouter le jeune et reconnaître à quel point une situation lui semble difficile, tout en l’encourageant à faire des pas vers un retour à l’école. Cela peut aussi vouloir dire l’aider à diviser une tâche qui lui semble insurmontable en étapes plus faciles à gérer, plutôt que d’éliminer complètement cette tâche. Ou encore, il peut simplement s’agir de créer des occasions d’échange et de connexion tout en laissant progressivement plus d’autonomie aux jeunes dans la résolution de leurs propres problèmes.

Bien sûr, il arrive aussi que la détresse persiste ou commence à nuire de façon importante au fonctionnement d’un jeune. Savoir reconnaître les situations où un soutien supplémentaire peut être nécessaire demeure donc un aspect essentiel du soutien à la santé mentale des jeunes.

Pour la suite

Alors que nous entamons une nouvelle année scolaire, j’espère que nous pourrons réfléchir à la santé mentale des jeunes non seulement sous l’angle de la prévention ou du traitement des difficultés, mais aussi sous celui du développement des habiletés et de la confiance nécessaires pour évoluer dans un monde inévitablement imparfait. La TCC a beaucoup à offrir pour aider les jeunes à développer ces capacités.

Pour celles et ceux d’entre nous qui œuvrent au sein de la communauté de la TCC, il s’agit également d’un rappel important de la valeur de nos efforts continus pour rendre les connaissances et les traitements psychologiques fondés sur les données probantes accessibles aux jeunes, aux familles, aux écoles et aux communautés.

Alors que l’ACTCC amorce un autre automne bien rempli, j’ai hâte de voir les nombreuses façons dont nos membres continueront à contribuer à ce travail par leur pratique clinique, leurs recherches, l’enseignement, la formation et la défense des intérêts.

Je souhaite aux élèves et étudiants, aux familles, aux éducateurs et aux cliniciens une rentrée scolaire enrichissante et sous le signe de la santé et du bien-être.

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